Enerflex, basée à Calgary, a été retenue pour concevoir, étudier, fabriquer et assembler plus d'un gigawatt d'unités de production électrique au gaz naturel destinées à un seul grand projet de centre de données en Amérique du Nord. L'entreprise a annoncé la commande le 13 octobre. Les unités fonctionneront derrière le compteur : le campus sera alimenté sans dépendre d'un raccordement au réseau. Ni le client ni le montant du contrat n'ont été communiqués.
Deux commandes en deux semaines
Cette commande arrive douze jours après celle d'environ 450 MW annoncée par Enerflex le 1er octobre. Avec d'autres contrats, l'entreprise compte désormais plus de 1,75 GW de production derrière le compteur dans son carnet, avec des livraisons jusqu'en 2028. Selon TIKR, le communiqué précédent situait les premières livraisons d'équipements en 2027. Enerflex indique que les projets seront réalisés dans ses ateliers nord-américains et a autorisé environ 100 millions de dollars pour agrandir ses sites Engineered Systems, dont 15 millions figurent dans les prévisions d'investissement de cette année.
Le directeur général Paul Mahoney relie ces commandes à la demande croissante de puissance principale sans raccordement au réseau, portée par l'IA et l'infrastructure numérique. L'entreprise voit aussi des travaux à la suite : installation, mise en service et service après-vente. Le marché a bien accueilli la nouvelle : l'action Enerflex a gagné environ 13 % dans la journée, rapporte TIKR, et CIBC a relevé sa recommandation. Le rapport du troisième trimestre devrait être la première occasion de voir ce que pèse le nouveau carnet en dollars.
Le communiqué laisse en revanche le matériel lui-même dans l'ombre. Il ne nomme ni le fabricant des moteurs ou des turbines, ni la puissance unitaire, ni le nombre d'unités qui composent le gigawatt.
Une commande d'assembleur, pas de motoriste
Une bonne partie des grandes commandes de production sur site pour centres de données publiées cette année ont été annoncées par les fabricants de moteurs et de turbines eux-mêmes, comme la centrale à moteurs Wärtsilä enregistrée plus tôt ce mois-ci. Enerflex est surtout connue pour ses ensembles de compression et de traitement du gaz, et ce contrat montre la part du travail qui passe désormais aux entreprises qui transforment des moteurs ou des turbines en unités de production complètes sur châssis, prêtes à poser sur une dalle.
Pour ceux qui exploiteront un tel campus, la production derrière le compteur et en régime principal change complètement le service. Un groupe de secours tourne peut-être quelques dizaines d'heures par an. Une unité qui alimente une salle informatique jour et nuit en fait des milliers, en toute saison, sans réseau derrière elle quand une autre unité déclenche. La maintenance doit être planifiée pour sortir les unités du service à tour de rôle sans perdre de puissance, et les auxiliaires - conditionnement du gaz combustible, huile de lubrification, refroidissement - doivent rester accessibles pendant que les unités voisines tournent. Les après-midi les plus chauds du site comptent davantage que pour une centrale de secours, car les unités doivent fournir leur pleine puissance précisément ces jours-là.
Un gigawatt livré d'ici 2028 représente aussi une forte production d'usine en peu de temps. Les acheteurs qui suivent ce marché voudront savoir comment les créneaux de livraison se répartissent entre les clients de ce carnet.
Sources : Enerflex (Form 6-K, U.S. SEC), TIKR
