Que faire quand l’électricien annonce sept ans et que les fabricants de turbines parlent de 2031 ? De plus en plus de constructeurs de data centers achètent des moteurs d’avion reconditionnés pour fonctionner au gaz. TechCrunch a résumé cette tendance le 3 novembre, en s’appuyant sur un article du New York Times paru le même jour.
Qui les achète
Le fournisseur cité dans l’article est ProEnergy, qui transforme un moteur GE du type de ceux des avions de ligne Boeing en unité de production d’électricité. Crusoe, la société de Denver qui construit le premier campus Stargate à Abilene, au Texas, a commandé 13 de ces unités en avril. xAI exploite huit turbines issues de moteurs d’avion au Mississippi pour alimenter son data center Colossus 2 à Memphis, d’après des permis de l’État et des images satellite cités par le Times. Boom Supersonic, la start-up qui développe un avion de ligne supersonique, a commencé à vendre une version de son moteur comme centrale pour data centers. Crusoe a annulé en septembre un contrat de 1,25 milliard de dollars portant sur 29 de ces turbines, indique l’article, tout en prévoyant toujours d’utiliser des turbines.
Une question de calendrier
Les chiffres de l’article tournent tous autour de l’attente. L’Agence internationale de l’énergie est citée pour dire que raccorder 100 MW au réseau en Virginie du Nord prend environ sept ans. Un dirigeant de Mitsubishi Power a déclaré à Bloomberg que l’essentiel des nouvelles capacités de turbines ne sera pas disponible avant 2031. Audun Martinsen, analyste chez Rystad Energy, explique qu’avec des unités reconverties un data center peut fonctionner en 24 mois environ, et que cette rapidité est leur principal atout. L’article mentionne aussi Nscale, qui a perdu Microsoft comme locataire principal d’un site à Loughton, en Angleterre, après que l’électricien local a indiqué ne pas pouvoir fournir assez d’énergie avant le début ou le milieu des années 2030.
Le prix à payer, c’est le rendement. Selon le Times, ces machines consomment plus de combustible et émettent davantage que des turbines conçues pour les centrales à gaz, et il en faut plus pour la même puissance. Certains experts cités s’attendent à ce que les objections liées au rendement et à l’environnement se renforcent d’ici un an ou deux, ce qui en ferait une solution transitoire plutôt qu’une centrale permanente.
L’énergie de transition se planifie comme une centrale
Une machine achetée pour tourner trois ans fonctionne quand même à pleine charge en été, a quand même besoin de combustible, de permis et d’un accès pour la maintenance, et doit quand même être déplacée ou remplacée à l’arrivée du réseau. Les unités dérivées de l’aéronautique, les moteurs à gaz alternatifs et les groupes électrogènes diesel sont tous utilisés ainsi aujourd’hui, et chacun apporte sa propre chaleur à évacuer et son propre bruit à maîtriser en limite de site. Le contexte sur les délais de livraison des turbines figure dans notre article sur Mitsubishi Power ; notre page turbines à gaz traite du refroidissement de ces installations.
Sources : TechCrunch
